Tricastela - Portomarin
Mercredi 7 mai,
Tricastela - Portomarin. 22 ème jour.
Hier soir, Je pressentais que je n'allais pas dormir. J’ai demandé
à la hospitalera si, je pouvais utiliser Internet durant la nuit.
Je lui ai expliqué que j’avais du retard dans la mise à jour
de mon Blog. Elle n’a pas hésité et m’a dit de faire comme chez moi.
Je me suis levé vers deux heures du matin, peut-être même avant !
J’ai mis à jour mon blog et j'ai passé le reste de la nuit dans
la cuisine à lire et boire du café au lait et à penser. Quelque
chose me disait... Il faut que tu marches. A 5 h 45, Emilio se lève,
il a pour habitude de partir de bonne heure. Il ne fait aucun bruit.
La veille il avait préparé son sac à dos et l’avait laissé dans la cuisine
pour ne pas déranger ceux qui dorment. Il partage son petit
déjeuner avec moi.
Avec Emilio
Il part á 6h30. Je tourne en rond dans la cuisine, il est 7 h 45 je décide
de partir. Emilio m’a conseillé de prendre vers la droite à la sortie de
Tricastela. Je pars à gauche, je ne sais pas pourquoi, c’est une variante du chemin.
Sentier menant à Samos
Je crois que j'ai bien fait. Le chemin surplombe el rio Sarria, qui est
un petit torrent sinueux. Le ciel chargé de nuages s'éclaircit.
Tricastela
Il fait une chaleur lourde mais la beauté du paysage, le chant des oiseaux
et l'odeur des plantes, rendent cette journée très agréable. Aujourd’hui,
j’ai le sentiment que je dois être au bon endroit, au bon moment.
Je passe Samos puis Sarria.
Samos
Sur un mur à Sarria
A Barbadelo le ciel se noircit, le vent se lève. L’orage monte, ça va être
ma fête ! A Mercado, je suis pris dans un violent orage. Je presse le pas
et trouve refuge dans une grange abandonnée. Dans cette grange,
je suis en sécurité. 15 mn d´attente et l’orage cesse. Je reprends
mon chemin. C’est ici !! c’est ici à cet endroit et à ce moment que,
je devais me trouver... et j´y suis ! La pluie a amplifié l’odeur émise
par la végétation, l’odeur des vaches, du foin dans les greniers. Ici à
cet endroit, je viens de retrouver les senteurs de mon enfance. Je suis
en terre de Galice mais, mes pensées sont en Cantabrie. Cet endroit est
la copie conforme de ce que j’ai connu enfant. L’eau qui ruisselle dans
les chemins pentus et pierreux. La boue, mélange de terre et de bouse
de vache. Les vaches qui meuglent dans les étables. Le bruit des chaînes
qui les lient à leur auge, les chiens qui aboient. Tout y est. Je revois plein d’images
de mon enfance. Je marche lentement, je veux faire durer ce moment le plus longtemps possible.
Les oiseaux se remettent à chanter. C´est seulement à ce moment que,
je me suis rendu compte que l’orage les avait fait taire.
Je passe la borne qui indique les cent derniers km pour arriver à
Santiago. Portomarin est tout proche. Il est 20 heures quand
j'arrive à el albergue. Cette journée m’a donné des ailes.
Plus que 100 !