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Vendredi 16 mai,

Retour par la Cantabrie. 31 ème jour.

Aujourd’hui, je vais quitter Santiago mais rien ne presse. Mon bus est à 18h. Mon sac à dos sur les épaules, je descends prendre mon petit déjeuner à la cafétéria du complexe du Monte do Gozo. Cecilia est là, prête à partir. Elle attend l’heure pour aller prendre un bus et se rendre à l’aéroport d’où un avion la conduira en Hongrie. En sa compagnie, je prends un café au lait et deux croissants. 9h, je pars vers Santiago en compagnie de Cecilia, la station de bus est sur ma route. En chemin, nous faisons une halte chez un sculpteur qui a son atelier tout près du complexe du Monte do Gozo. J’étais venu discuter avec lui lors de mon premier passage à Monte do Gozo avant d’aller vers Finisterra. Nous restons à discuter avec lui jusqu’à dix heures trente. Il nous montre ses sculptures et nous explique leurs significations (pas toujours évidentes à saisir). C’est un homme très intéressant qui  au travers de ses œuvres dénonce toutes formes d’injustices. Il est très remonté contre les hommes politiques, les juges, les élus locaux, les militaires, les lobbies financiers, tous ceux qui détruisent la nature et tous ceux qui perdurent la mémoire du franquisme. Après avoir échangé nos adresses électroniques, Cecilia s’en va prendre son avion, moi je marche sur Santiago. Je traverse la praza do obradoiro. Le Vélo de Caroline est appuyé contre le mur del colexio de Fonseca face à la cathédrale. Je remonte la rua do Villar et entre dans un petit restaurant qui me parait bien sympathique. Après un bon repas, je ne m’étais pas trompé, je vais faire un petit tour en ville, j’espère y retrouver des amis pèlerins mais ils sont déjà tous repartis. Il est 17 h, je vais tranquillement vers la gare routière. J’y retrouve trois pèlerins Français qui prennent le même bus que moi. L’un a fait la via de plata (qui part de Séville) les autres, comme moi, el camino francés. A 17h45, je vois arriver Caroline, elle aussi prend le même bus. 18h nous partons et laissons Santiago derrière nous. Je suis triste de quitter le chemin, triste de ne plus revoir mes amis pèlerins. Dans les bus, je me remémore mon chemin, mes rencontres, mes galères. Je revois ces merveilleux paysages que j’ai traversés, Je me dis que j’ai eu une bonne idée de faire une escapade dans el valle del silencio et las Medulas. Je pense à mon mal aux pieds et à la chance que j’ai eu d’avoir terminé mon pèlerinage dans d’aussi bonnes conditions. La journée, de décontraction, passée à Muxia. Je garde de mes amis pèlerins un merveilleux souvenir.  Je pense à eux tous. Jose Luis, Eric (Heiner), Danilo, Paco, Miguel, les deux José Maria, Alicia, Lee Chan Young,  Martin, Petra, Borut, Cecilia, Véronika, Julia, la petite Coréenne vue à Navarrete puis à Ponférrada, le couple d’italiens. Je pense aussi aux autres pèlerins rencontrés que quelques instants, comme ce groupe de jeunes femmes venues sur le chemin pour le week-end. Je pense aussi aux personnes locales qui, ont été vraiment très accueillantes, les hospitaleros, vraiment très disponibles. Je pense notamment à los hospitaleros de Tosantos. 3h15, le bus entre dans Torrelavega, c’est là que je descends. Caroline dort, je lui glisse un petit mot d’au revoir dans son sac mais quand le bus s’arrête elle se réveille. Je dis au revoir à mes amis de voyage. Je regarde le bus s’éloigner, je fais un dernier signe et attends, pour partir, que le bus disparaisse  dans la nuit. Torrelavega est à 18 Km après còbreces, mon village natal, je dois revenir en arrière par el camino del norte. Durant mon pèlerinage, je rêvais de faire une étape de nuit, mais l'inconnue du chemin et la raison m'en ont dissuadé. Je profite de la distance qui sépare Torrelavega de Còbreces et de ma parfaite connaissance du trajet, pour réaliser ce rêve.  La nuit est fraîche, Je mets mon polaire et marche doucement vers Còbreces. Je traverse Torrelavega (ville de Oscar Freire) par les rues à bars. Beaucoup de jeunes, plus ou moins ivres, sont dans les rues. Je crains qu’ils s’en prennent à moi mais au contraire. Ils me saluent et me demandent si je vais à Santiago par el camino del norte. Je leur explique que je viens de faire el camino francés et que je rentre à Còbreces. Même ivres ils sont très respectueux des pèlerins. Je prends tout mon temps.  Je crois que durant mon pèlerinage, je n’ai jamais marché aussi doucement. Arrivé sur les hauteurs del alto de Cildad, le soleil commence à se lever. Au loin je peux apercevoir mon Village et la mer, elle est d’un bleu foncé presque noir. Je descends vers Novales, le village aux citrons. Còbreces est à trois Km. J’y arrive au petit matin, juste au moment où mon papa se lève. Mon papa m'a réservé un accueil que je n'oublierai jamais, il était heureux de me revoir, heureux et fier de son fils. Après environ mille Km de marche, me voici de nouveau dans mon village natal avec toujours les senteurs de mon enfance. Je vais rester à Còbreces quelques jours. Je rêve déjà d’un nouveau départ, Via de plate ? camino del norte ? ou de nouveau el camino francés ?  J'ai gouté à la drogue du chemin et je suis déjà en manque !!!

 

Merci de m'avoir suivi

 

José Fraile   

 

 

Tag(s) : #St Jacques de Compostelle

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